[NaNo] ESA 01 : Master Magie Sociale

Je posterai ainsi les textes d’écriture semi-automatique (légères corrections apportées après écriture libre et rapide) qui me servent à alimenter mon roman nano !! Le premier était consacré au concept de « magie étudiée dans un système éducatif comparable au nôtre, en France, et appliquée à des domaines de la vie courante ». La mise en page est minimale, pour profiter de toute la page (que je me dois de remplir jusqu’au bout !), et pour permettre au lecteur éventuel (je ne me fais pas d’illusion, ça n’est pas super attirant ;)) de retrouver le rythme d’une pensée poussée à la production sans jugement sur ce qu’elle produit.


Des UE à n’en plus finir, ça va des mathématiques sacrées (gématrie incluse, avec sa dose d’hébreu obligatoire) à l’apprentissage des cycles de la lune et de l’influence des constellations. Oui, l’astrologie si vous voulez. Mais pas que. Il s’agit de savoir quand se faire couper les cheveux pour obtenir la repousse idéale. Enfin, là je vous prend un exemple simple et pratique de première année, mais au bout d’un moment le but est d’apprendre à savoir conseiller des gens sur quand est-ce qu’ils faut qu’ils fassent quoi, tout ça. Vous voyez le topo. Au milieu de ça, on a bien sûr des cours de culture générale : connaître les bases du wicca, du vaudou, de la magie zoroastrienne, du culte de Mithra, etc. Deux bibliothèques sont mises à disposition des étudiants. D’une part une grande salle avec de vieux bouquins poussiéreux, dont certains seraient, paraît-il, des ouvrages sauvés in extremis de l’incendie de la grande bibliothèque d’Alexandrie. D’autre part une pièce toute petite où un mage dévoué permet aux visiteurs de consulter les annales akashiques à travers quelque vision induite par ses soins. Ces annales renferment toutes les vérités, aussi leur usage peut-il être considéré comme de la triche sur certains travaux. L’accès en est réglementé. Il faut choisir deux langues au moins parmi latin, grec ancien, hébreu, sanskrit, arabe ou chinois. Et bien sûr à cela s’ajoutent des cours de maîtrise du Verbe, durant lesquels on s’attache à retrouver la puissance magique des sentences anciennes. De quoi apprendre à faire attention lorsqu’on prononce abracadabra. Le sport n’est pas en reste, contrairement à ce qu’ont pu laisser penser certaines traditions, les mages véritables n’ont pas en dégoût leur corps mais cherchent au contraire à le connaître et à en maximiser les possibilités. Cela passe par quelques sports collectifs, mais surtout par de l’assouplissement et des épreuves d’équilibre. Le coefficient de ces matières est presque aussi élevé que celui des matières dites intellectuelles. Certains élèves ont tenté de se faire dispenser, comme il est de coutume chez les têtes d’ampoules méprisant le ballon, mais ces gens-là ont simplement fini derniers de leurs promotions, se rendant bien compte que ces activités ne représentaient pas qu’une lubie du doyen mais de véritables passerelles vers des portes intérieures. Ah, l’intériorité ! Elle est reine en cette faculté, puisqu’il est recommandé à tout un chacun de pratiquer vingt minutes de méditation avant de rejoindre le premier cours. Ceux qui ne l’ont pas fait sont vite repérés par les assistants des professeurs. Enoch le Clairvoyant, par exemple, avec son don de double vue, verra les étudiants arriver auréolés s’ils ont médité. Celles et ceux qui n’arborent pas l’auréole de l’élève dévoué sont alors dénoncés à la professeure Anna, qui est en droit d’exiger des changements de place pour permettre aux méditants de s’asseoir devant. Oh, oui, évidemment, même si cette faculté est récente, la magie n’ayant été acceptée que depuis peu comme matière universitaire, le savoir qu’elle délivre est fort ancien et on retrouve donc parfois des habitudes aussi délétères que dans les moribondes facultés de médecine. Les étudiants n’hésitent pas à se mettre des bâtons dans les roues. Souvent littéralement : des bâtons de réglisse maudit dans les roues de foi (des sortes de moulins à prières utilisés en cours de thaumaturgie). Parfois, les assistants s’en rendent compte et interviennent en provoquant quelque crise hémorroïdale auprès des malfaisants. Une punition simple et efficace inspirée par l’Ancien Testament. Car oui, bien sûr, les textes religieux tiennent une place importante dans l’enseignement, tout comme les écrits philosophiques majeurs. Bernard Henry Levi est encore peu étudié, mais Socrate et Démocrite ont de nombreux adeptes. L’on met en garde toutefois contre une vision trop élitiste des arts magiques et métaphysiques, car le but d’une formation en Magie Sociale est bien d’améliorer la société, et non d’en accentuer les déséquilibres. Utiliser la magie pour favoriser la recherche d’emploi, la localisation de l’âme sœur (où qu’elle soit sur la planète, voire… dans l’univers), l’obtention d’un HLM ou la victoire devant les prud’hommes… tels sont des aspects qui font rêver bon nombre d’étudiants. Bien sûr, ce cursus renferme aussi des clés utile aux autres acteurs de la société. Les entreprises pourront en effet recruter des Mages DRH (appelés alors DMRH) qui n’auront pas leur pareil pour évaluer de manière infaillible la productivité de chaque salarié, tout en permettant, à travers charmes et rituels bien pensés, de licencier sans fracas. Les plans sociaux n’ont jamais été plus faciles à avaler. Ce sont d’ailleurs les Mages de Guerre qui se sont occupé des syndicats. Les Mages Sociaux se sont contentés d’effacer de la mémoire collective les souvenirs atroces des corps calcinés des quelques militants syndicalistes les plus célèbres. Le pays se souviendra d’une vague contestation qui aura fini par aboutir à un accord. Les détails sont sans intérêt tant que les sorts de création de nourriture fonctionnent et que les Mages Thaumacrates gèrent les élections. C’est dit : tout est pour le mieux dans l’une des infinités de mondes…