Nouvelle #02 : La Libération

Et voici la deuxième nouvelle que j’ai validé pour l’Année Bradbury !
Il s’agit d’une réponse à un défi proposé sur Scribay par Frédéric Leblog et dont les consignes sont les suivantes :

Le monde de la Recherche a gagné : La Mort est vaincue !!!
Un remède à base de perlimpinpin offre l’Immortalité à l’Humanité toute entière !! Incroyable, non ?

Mais…quelle Société cela créerait-il ?

Pour répondre à cette question, imaginez un monde dans son intégralité. Peut-être préfèreriez-vous n’en concevoir qu’un aspect ? A vous de choisir.

Soyez philosophe, artiste, politicien, pêcheur à la ligne, milliardaire, amoureux…que sais-je ?

A vous de préférer un ton pour cela : optimiste, pessimiste, cynique, farfelu, doctoral, dramatique, comique… peu importe.

Un seul mot d’ordre : Prenez plaisir à écrire.

Allez…. au taf !

Le texte est lisible en ligne à l’adresse suivante :
https://www.scribay.com/library/text/2055431135/la-liberation/chapter/1

C’est un sujet auquel on a tous plus ou moins pensé, et en fait j’avais récemment réfléchi sur la question en me demandant ce que la disparition de la mort pourrait changer à grande échelle. Ce texte est l’une des réponses possibles. Il correspond à une piste qui me semble cohérente, en tout cas, même s’il y a bien sûr une myriade de chemins envisageables.

J’aime beaucoup ces exercices d’anticipation, et je vais probablement rédiger d’autres nouvelles du même ordre. Dans différents sous-genres de la science-fiction, afin de varier les plaisirs, mais fréquemment dans cette optique globale, ce regard porté sur toute l’humanité évoluant sans trop contrôler ce qui lui arrive 🙂

Tout ça en supposant tout de même que la-dite humanité parviendra à survivre encore un peu, ce qui n’est pas l’avis tout le monde ! Bon, personnellement, je pense qu’en dépit de la gestion catastrophique de notre environnement on arrivera longtemps à s’accrocher comme des cafards et à trouver des poches de subsistance ici et là, même en cas de catastrophe majeure… Enfin, pour autant que l’air reste respirable…

Mais je faisais surtout référence à la vision d’un anthropologue et économiste que j’apprécie tout particulièrement : Paul Jorion.
Je le suis sur son blog depuis 2008, au lendemain de la crise des subprimes, et j’ai rapidement apprécié son discours franc, direct et accessible. Il a eu l’occasion de travailler pour de grandes banques au moment où le grand crash s’annonçait, ce qui lui a permis de comprendre les rouages d’un système stupide et dangereux. Bon, ça, tout le monde commence à en avoir conscience… Mais Paul Jorion a continué ces recherches dans ce domaine, et ne voit malheureusement pas d’amélioration dans l’écosystème économique portant l’activité humaine. Pour lui, cela n’a rien d’anodin et pourrait aboutir purement et simplement à la disparition de l’espèce humaine (inéluctable, certes, mais si on pouvait attendre un peu ce serait sympa). Pour autant, ce n’est pas quelqu’un de « négatif » (j’allais écrire pessimiste, mais peut-être qu’il l’est un peu, je ne sais pas, personne ne peut encore le savoir), il cherche à son échelle à réveiller les populations et les dirigeants.
Il est vrai que l’humanité a tendance à ne changer de comportement qu’après de bonnes claques dans la gueule, mais peut-être qu’à l’ère d’internet, des changements de cap pourraient intervenir avant les grandes catastrophes ? J’y crois peu, mais ça vaut le coup de tenter !
M’sieur Jorion était récemment interviewé sur ce thème, on peut écouter ça sur cette vidéo Youtube :

Un monsieur intéressant que je vais continuer à suivre.

Mais ce n’est pas tout à fait le sujet de la nouvelle « La Libération ». Pour y revenir, que se passerait-il d’après vous si la mort venait à disparaître ? Je n’ai pas pu aller jusqu’à imaginer la suppression totale de la mort. Dans ma nouvelle, c’est la vieillesse et une majorité de maladies qui ont été vaincues, mais le morts par accident (ou par famine, même si je ne l’ai pas mentionné) sont toujours possibles.
On est donc sur un style qui se veut réaliste, même si le fait d’imaginer une disparition totale de la mort aurait pu être amusant aussi !

La nouvelle fait dans son état actuel un peu plus de 1400 mots, soit environ 5 pages, peut-être 6. On est donc un cran au-dessus de la première en terme de production brute. Pour autant, elle n’est pas « meilleure », elles appartiennent simplement à des styles très différents.

Il s’agit d’une longueur sur laquelle j’aimerais travailler plus souvent, en allant parfois jusqu’au double. Souvent, je ferais moins de tout ça, j’en suis conscient, mais le fait de travailler sur plusieurs longueurs et de finir par être à l’aise à chaque fois sera un beau progrès. Ceci dit, il sera aussi question de structure. Ici, sur « La Libération », on reste sur du descriptif historique, une sorte de chronique. Il y a des péripéties, une évolution de la situation, mais on n’est pas dans un format classique avec un individu protagoniste, un antagonisme identifié, etc.
Tout ça sera donc à travailler sur de prochaines nouvelles !

A bientôt et bonjour chez vous,
Enkidoux