25 mai : jour de la serviette

Dans 26 jours, nous serons le 25 mai : un jour très spécial. C’est le towel day, alias « Jour de la serviette », et on y célèbre alors Douglas Adams, ses personnages, son œuvre, son amour de la serviette.

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Si vous ne connaissez pas « Le guide du voyageur galactique », autant laisser parler l’auteur lui-même en vous proposant un petit extrait du premier volume…

– Tu sais, remarqua Arthur, c’est en de tels moments, quand je me retrouve coincé dans un sas vogon en compagnie d’un natif de Bélelgeuse, au seuil d’une mort imminente par asphyxie dans les profondeurs de l’espace, que je regrette de ne pas avoir écouté ce que me disait ma mère quand j’étais petit.
– Eh bien, que te disait-elle ?
– Je sais pas. J’ai pas écouté.

Si vous souhaitez communier avec vos confrères francophones, n’hésitez pas à garder à l’œil le Grand Ordre de la Serviette. Cette ordre vénérable rassemble les fidèles pratiquant la langue de Lalanne. Car, oui, Douglas Adams a tout de même d’abord écrit en anglais, l’égoïste. On fait avec. Pour l’instant, les évènements organisés le 25 mai sont surtout sur Paris, mais il ne tient qu’aux lecteurs fervents de lancer d’autres initiatives en tout point de la francophonie.

Mais quel est le rapport avec la serviette ?
Hahaaaaa !! Eh bien… hmm, commençons par dire que Douglas Adams fait dans la sci-fi bien drôle, et qu’il enjoint les auto-stoppeurs spatiaux à transporter une serviette car, selon lui (enfin selon le Guide du Routard Galactique, bien sûr), il s’agit d’un objet extrêmement pratique dans une grande variété de situations.

Extrait :

La serviette est sans doute l’objet le plus vastement utile que puisse posséder le voyageur interstellaire. D’abord, par son aspect pratique : vous pouvez vous drapez dedans pour traverser les lunes glaciales de Jaglan Bêta ; vous pouvez vous allonger dessus pour bronzer sur les sables marbrés de ces plages irisées de Santraginus V où l’on respire d’entêtants embruns ; vous pouvez vous glisser dessous, pour dormir sous les étoiles, si rouges, qui embrasent le monde désert de Kakrafoon ; vous en servir pour gréer un mini-radeau sur les eaux lourdes et lentes du fleuve Mite ; une fois mouillée, l’utiliser en combat à mains nues ; vous encapuchonner la tête avec afin de vous protéger des vapeurs toxiques ou bien éviter le regard du hanneton glouton de Tron (un animal d’une atterrante stupidité : il est persuadé que si vous ne le voyez pas, il ne vous voit pas non plus – con comme un balai mais très, très, très glouton) ; en cas d’urgence, cous pouvez agiter votre serviette pour faire des signaux de détresse et, bien entendu, vous pouvez toujours vous essuyer avec si elle vous paraît encore assez propre.

Aaah, la serviette ! Pour sûr que j’en porterai une avec moi le 25 mai prochain.

Au fait, si vous avez déjà entendu parler du fait que le nombre 42 serait la réponse au sens de l’Univers, sachez que ça vient de ce même livre. Et que c’est vrai.

En attendant le jour officiel de la serviette, donc, je ne peux que vous conseiller de lire le guide du routard de Douglas Adams. Si vous aimez rire, en tout cas. Si vous n’aimez pas rire, lisez autre chose.
En plus, je peux même vous donner un conseil de lecture supplémentaire si vous êtes du genre à aimer ça. Si vous avec lu et apprécié Douglas Adams, essayez donc Jerome K. Jerome. Non, pas la BD, je parle d’un autre auteur anglais qui est mort depuis belle lurette (ah, parce que oui, vous l’avez sans doute deviné, mais si on fête Douglas Adams c’est qu’il est au cimetière, c’est comme ça qu’on fonctionne). Eh bien, malgré son appartenance indubitable au XIXème siècle, monsieur Jerome écrivait d’une manière fort amusante, et je pense que Douglas Adams s’en est pas mal inspiré. Même genre d’humour entre l’absurde et le flegme britannique. Lisez donc « Three men in a boat », en français « Trois hommes dans un bateau », et vous connaîtrez le ravissement.

C’est même disponible gratuitement (en anglais) sur wikisource, là-bas :
https://en.wikisource.org/wiki/Three_Men_in_a_Boat

J’en reparlerai sans doute, car j’aime beaucoup ce livre et ce genre d’humour en général. Maaais, du coup, revenons sur le versant moderne de ce style, avec monsieur Adams.

Je vais vous laisser sur un dernier extrait du roman dont il est principalement question ici, routard tout ça tout ça… où il sera maintenant question de la pertinence des articles du-dit guide.

LE GUIDE EST EXACT. LA RÉALITÉ EST BIEN SOUVENT ERRONÉE.

Le fait avait conduit à quelques conséquences remarquables : par exemple, lorsque les rédacteurs du Guide avaient été poursuivis par les familles de ceux qui étaient morts pour avoir pris à la lettre l’article sur la planète Tron (dont le libellé était : « Le Hanneton glouton de Tron fait le régal des touristes de passage » quand il fallait lire « Le Hanneton glouton de Tron fait son régal des touristes de passage »), ils avaient argué que la première version de cette phrase leur paraissait esthétiquement plus plaisante, et cité donc en conséquence un poète qualifié pour qu’il vienne témoigner sous serment que la beauté était la vérité et la vérité la beauté, espérant par là même prouver qu’en l’espèce, le véritable coupable était la Vie elle-même, pour avoir failli à se montrer à la fois belle et vraie. Les juges soutinrent ce point de vue et, dans un poignant discours, accusèrent la Vie elle-même d’outrage à la Cour et s’empressèrent donc de la confisquer à tous les membres de l’assistance avant de lever la séance pour aller passer une agréable soirée à l’ultragolf.

Attention au hanneton glouton 😉
En fait, c’est avec une chanson que je vais vous laisser. Comme vous le savez sans doute, les dauphins sont très intelligents (qu’en est-il des souris de laboratoire ? elles qui font tellement avancer la science). Peut-être devrions faire un peu plus d’effort pour les comprendre, avant qu’il ne soit trop tard…

Bonjour chez vous !
Enkidoux

PS : oui, le machin avec les dauphins c’est aussi l’intro d’un film qui a un brin de rapport avec le sujet du billet, tout de même. Ouais, tout de même.
Pour les fans du jeu des différences et pour les bibliothécaires, voici la version québecoise, dont la traduction est différente :
https://www.youtube.com/watch?v=zGv22yPlgnA