Le Seigneur des Anneaux, par Ralph Bakshi : miam (1/2)

Avant Peter Jackson, une tentative d’adaptation de la trilogie de Tolkien. Le cycle ne fut malheureusement pas terminé, mais quel début !

Enfant et ado, quelques films m’ont particulièrement marqué : La Planète Sauvage, Tron, Une nuit à Casablanca… Mais seul un film a pu rivaliser avec l’immense Terminator 2 que j’ai vu un paquet de fois. Cet autre film vu et revu, c’est Le Seigneur des Anneaux, celui de 1978 réalisé par Ralph Bakshi.

Je ne me rappelle pas bien si j’ai lu Bilbo le Hobbit en premier, ni comment j’en suis venu à vouloir lire la trilogie du Sda. Mais, alors que je devais avoir 12 ou 13 ans, je me revois en train de lire ça dans le CDI de mon collège à Marseille (la Grande Bastide, gros, dédicace à Mme Lecas). J’avais alors été abordé par un type qui aimait beaucoup lire et me demandait mon passage préféré, tout ça. Plus tard, au détour d’un couloir, ce même gars me conseillera vivement de lire Le Guide du Routard Galactique (conseil que j’ai zappé sur le moment, pour ne lire ça que bien plus tard).

C’est qu’à l’époque, ces œuvres étaient très connues chez les anglophones, mais chez nous autres franchouillards ça relevait un peu du domaine des geeks et des nerds chelous. Enfin, n’exagérons rien, ça restait relativement connu, mais ça n’avait rien de comparable avec le succès qu’ont eu ces histoires depuis leur adaptation par Jackson.

En fait, je crois maintenant me rappeler de la façon dont je suis venu vers ces livres. En visitant un vide-grenier à Marseille (celui du Roy d’Espagne, où je faisais toujours des trouvailles extraordinaires), j’avais pu me procurer un exemplaire du livre de base de Warhammer (le jeu de rôle). J’avais déjà été initié au JDR quelques temps auparavant, sur une version totalement narrative de Heavy Metal (le jeu de Croc), que mon MJ me faisait jouer dans la cour de récré sans dés. Et depuis je faisais pareil pour un bon ami, je lui menais des aventures dans un terrain vague près de chez moi. Tout ça pour dire que trouver ce bouquin de règles c’était mettre un pied de plus dans le JDR, et tomber dans quelque chose de plus costaud (je dis pas que les dés c’est mieux mais bon…). Du coup, j’ai commencé à chercher de quoi acheter ce qui me manquait. Il y avait alors une boutique à Marseille, le Crazy Orque Saloon (ou Crazy Orc Saloon je sais plus).

Un lieu exigu et magique, une sorte d’échoppe à merveilles comme au début de Gremlins. Un endroit où j’avais croisé un type qui portait son rat domestique sur son épaule. Bon, et ben sur la porte de ce magasin était affiché le poème des anneaux de Tolkien. Et en fait je sais plus si en le voyant je me suis dit « c’est cool, ça vient d’où ? » ou bien « c’est cool, je connais ce truc, je suis chez mes pairs » donc au final je suis pas plus avancé. Pas grave :p

Vous voyez le topo. Dans une période où j’étais à fond dans ce délire, j’arrive à me procurer, je ne sais plus trop comment (était-ce dispo dans notre vidéo club préféré de la rue Emile Zola ?) la cassette du Seigneur des Anneaux de Bakshi.

Et là, mon dieu, quelle baffe !

Frodon et Gandalf discutant de l’anneau

OH NON MAIS ATTENDEZ !!

En intégrant cette photo à l’article (la scène au coin du feu du début de l’histoire), je me rappelle de mon premier contact avec la trilogie !!! Ouiii, c’est trop bien.

C’est grâce à une lecture scolaire (et oui). Je sais pas si c’est encore le cas aujourd’hui, mais à mon époque à un moment du cursus on lisait pas mal de fantastique. Des nouvelles du XIXe siècle. Le Horla de Maupassant, la Venus d’Ille de Mérimée, peut-être un peu de Théophile Gautier, etc.

Et il y avait une collection de livres qu’on nous faisait souvent acheter, truffée de notes en bas de pages, de commentaires, et qui se terminait par des extraits d’autres œuvres ou par de mini-nouvelles. Alors, ben, on y arrive (enfin) : c’est à la fin d’un de ces bouquins (je ne sais plus lequel, faut pas déconner) que j’ai pu lire un extrait du SdA, et précisément cette scène où Gandalf se montre inquiétant en évoquant l’Anneau et ses sombres pouvoirs. Et pinaise, j’ai accroché direct. J’ai dû me dire immédiatement : VOYONS SI ON A CE TRUC AU CDI.

Ouf, voilà une enquête rondement menée (dans le sens où j’ai beaucoup tourné en rond).


Et là, du coup, j’ai encore presque rien dit sur le film. Alors ça vient, ça vient. Comme vous l’avez vu plus haut, c’est un film d’animation. MAIS PAS QUE. En fait, il y avait un gros mélange avec des scènes filmées, et le résultat était parfois très perturbant (un côté Uncanney Valley, enfin Vallée Dérangeante comme on est censés dire par chez nous).

Dès les premières minutes, une voix off racontant le contexte sur des images quasi-monochromes vous plongeait tout de suite dans une ambiance à part. Vous saviez que vous alliez passer un moment hors normes.

Je n’ai pas été deçu. Mais je vous en dirai un peu plus la prochaine fois :p

Bonjour chez vous !
Enkidoux